mercredi 17 août 2011

L’extrême droite hondurienne repasse à l’offensive

Par Maurice Lemoine

Le 22 mai, le président hondurien Porfirio Lobo et l’ex-chef de l’Etat Manuel Zelaya, renversé en juin 2009, signaient à Cartagena de Indias (Colombie) l’Accord pour la réconciliation nationale et la consolidation du système démocratique dans la République du Honduras. Leurs homologues colombien et vénézuélien Juan Manuel Santos et Hugo Chávez, qui avaient œuvré en tant que médiateurs lors des négociations ayant mené à ce dénouement, leur ont servi de témoins.

En permettant le retour dans son pays de M. Zelaya, jusque-là réfugié en République Dominicaine, cet accord a facilité la réincorporation du Honduras au sein de l’Organisation des Etats américains (OEA), survenue le 1er juin et approuvée par la totalité des pays membres, à l’exception de l’Equateur.

Si la fin de l’éloignement de « Mel », comme on appelle familièrement l’ancien chef de l’Etat, a provoqué une vague d’enthousiasme au sein du Front national de résistance populaire (FNRP), la réintégration express et concomitante du pays dans l’OEA y a produit un fort malaise et une évidente confusion.

Au terme d’une assemblée générale réunissant mille cinq cents délégués, les 26 et 27 février, le Front avait publiquement fait connaître ses exigences pour une sortie de crise : le retour en toute sécurité des exilés, dont l’ancien président (alors sous le coup de plusieurs procès montés de toutes pièces après son éviction ) ; la non participation à un quelconque processus électoral ; le démantèlement des structures golpistas [1] et le châtiment des responsables. Il avait également annoncé l’auto-convocation d’une Assemblée nationale constituante (ANC) « participative et démocratique », pour le 28 juin. Or, avec l’assentiment de M. Zelaya (et de M. Chávez, considéré par le FNRP comme son plus fidèle allié sur la scène internationale), l’Accord de Cartagena ne satisfait que le premier de ces points.

Bénéficiant d’une totale impunité, les organisateurs et bénéficiaires de la rupture constitutionnelle sont toujours incrustés dans les structures de l’Etat et du gouvernement Lobo. La répression n’a pas cessé. « L’Etat de droit est brisé et ses décombres demeurent entre les mains de ceux qui ont promu, accepté et défendu le golpe », s’insurgeait Mme Bertha Oliva, dirigeante du Comité des familles de détenus-disparus du Honduras (Cofadeh), dès le 2 juin, exprimant un sentiment très répandu. « Comment pouvons-nous répondre au peuple qui réclame justice et liberté ? » D’où le malaise latent.

Alors que, depuis le coup d’Etat, ce sont les bases du Front qui, refusant de reconnaître la légitimité des gouvernements de MM. Roberto Micheletti (le putschiste) et Lobo (issu d’élections « illégitimes »), ont affronté et subi la repression, le sentiment a prévalu que le mouvement, en tant que tel, n’avait pu qu’entériner une négociation menée en dehors de lui, par MM. Santos, Chávez, Lobo et Zelaya – un accord de « chefs » laissant le peuple de côté.

Il eût fallu être aveugle ou sourd pour ne pas prendre conscience du sentiment de frustration, et même parfois de colère ,régnant à Tegucigalpa. Outre Quito, Caracas (mais peut-être trop tardivement) s’en préoccupa. Le 1er juin, lors de l’Assemblée générale de l’OEA au cours de laquelle le Honduras devait retrouver son siège, le ministre des affaires étrangères vénézuélien Nicolás Maduro ne ménagea pas sa peine, pendant de longues heures, pour que soit inclus, dans la résolution, « un élément ayant à voir avec la lutte contre l’impunité et le respect des droits de l’homme ». Ses efforts n’ayant pas abouti, le Venezuela, sans rejoindre la position très ferme de l’Equateur, votera « pour la réintégration », mais en exprimant des « réserves » [2].

Pour autant, on ne résout pas un problème en le compliquant davantage : conscient d’avoir triomphé de la ligne des pustschistes qui refusaient la présence de M. Zelaya au Honduras, le FNRP a retrouvé son dirigeant – le seul, par son charisme, à même de fédérer le mouvement, et donc à lui permettre de possibles futures victoires – et serre les rangs. Et, M. Zelaya en tête, il dénonce les premiers « accrocs » aux Accords de Cartagena. Car ceux qui ont contesté la légitimation du gouvernement Lobo et le « blanchiment du coup d’Etat » qu’a entraîné de facto le retour au sein de l’OEA n’avaient pas, pour le faire, que de mauvaises raisons.

Depuis cette « normalisation », trois nouveaux paysans ont été assassinés et trois autres blessés par les paramilitaires à la solde des terratenientes [3], dans le Bas Aguán ; un autre est porté disparu depuis le 15 mai. Ces crimes portent le nombre des victimes des sicarios et des forces de sécurité à 32 morts, depuis janvier 2010, dans cette région.

Le 15 juin, M. Enrique Flores Lanza, ex-ministre de la présidence de M. Zelaya, a dû se présenter devant la justice. Membre de la Commission politique du FNRP, exilé au Nicaragua et revenu à Tegucigalpa, le 28 mai, dans le même avion que l’ancien chef de l’Etat, il est accusé d’avoir « détourné » des fonds publics pour mener campagne en faveur de la consultation populaire parfaitement légale que celui-ci voulait organiser, et qui lui a valu d’être renversé. Or, l’un des paragraphes de l’Accord « pour la réconciliation nationale » signé par M. Lobo mentionne « l’engagement assumé par le gouvernement de garantir à l’ex-président Manuel Zelaya, ainsi qu’aux autres ex-membres de son gouvernement, l’exercice de toute leur liberté d’action politique et toutes les garanties envisagées dans la Constitution et les lois du Honduras (…) ». Il est également précisé que ces ex-fonctionnaires, au cas où ils auraient à répondre devant la justice, pourraient exercer leur défense « en liberté ».

Ce 15 juin, le juge Claudio Aguilar a placé M. Flores Lanza en détention à domicile, lui donnant un délai d’un mois pour réunir une caution de 27 millions de lempiras – quasiment un million d’euros –, somme exorbitante, jamais demandée dans le pays à aucun prévenu. Si, au terme de trente jours, il n’a pu présenter cette somme, dont il a déjà précisé qu’il ne peut la payer, il sera placé en détention préventive, dans une prison de droit commun.

Tandis que le FNRP, en tant qu’organisation, demande à la communauté internationale « de se prononcer contre ce nouvel acte arbitraire qui constitue un dangereux sabotage des tentatives de donner une sortie pacifique et politique à la crise vécue depuis le coup d’Etat de 2009 », son coordinateur général, M. Zelaya, dénonce : cette décision de « justice » (institution notoirement impliquée dans le golpe) « viole l’accord signé à Cartagena de Indias ».

Le président Lobo navigue à vue. Son aval au retour de l’ennemi juré a provoqué la fureur des secteurs golpistas. Depuis le début du mois de juin, une campagne médiatique menée en particulier par les quotidiens El Heraldo et La Prensa (propriétés de M. Jorge Canahuati Larach, l’une des figures les plus en vue de l’oligarchie) l’accusent implicitement d’avoir passé « un pacte secret » avec… M. Chávez. L’affirmation repose sur l’interception (par qui ? comment ?) d’un supposé câble destiné à Caracas et relatant une conversation entre le chargé d’affaires vénézuélien à l’ambassade de Tegucigalpa, M. Ariel Vargas, et le chef de l’Etat hondurien, à la mi-mai. Ne niant pas cette rencontre, M. Lobo a précisé qu’elle avait pour objet de demander au président bolivarien la reprise des relations diplomatiques et sa médiation pour que le Honduras rejoigne l’OEA.

Probable candidat du Parti libéral (PL) lors de la prochaine élection présidentielle [4], M. Lucio Izaguirre a appelé les députés du Congrès à organiser immédiatement un référendum « pour savoir si le président Lobo doit ou non continuer à exercer le pouvoir, car il a menti au peuple [en passant un « pacte secret » avec M. Chávez] et qu’un président qui ment à son peuple ne peut continuer dans l’exercice de la présidence [5] ».

Ayant peut-être les « intérêts supérieurs du pays » à l’esprit, mais surtout peu désireux de finir comme « Mel », en pyjama, dans un avion, un petit matin blême, M. Lobo a expliqué que Cartagena « n’a pas pour objet d’éviter l’application de la justice ni de “blinder ” des cas de corruption », et que « personne n’est au-dessus de la loi ».

C’est ainsi que, membre à part entière de l’OEA et ayant réintégré avec honneur la « communauté internationale », le Honduras compte un éminent prisonnier politique : l’ancien ministre de la présidence Flores Lanza.

Publié dans Memoire des Luttes

publié : le 22 juin 2011

lundi 27 juin 2011

Rassemblement 28 juin 17h30 Ambassade du Honduras

La Plateforme belge pour la démocratie au Honduras
invite à un rassemblement,

ce mardi 28 juin à 17h30, face à l'Ambassade du Honduras,
3, avenue des Gaulois, 1040 Bruxelles (Bus 80, Tram 81, Métro Mérode)

deux ans jour pour jour après le coup d'Etat par lequel le président élu légitimement
a été expulsé de son pays par les militaires après avoir transité par la
base militaire américaine locale.

Depuis que ce coup d'Etat odieux a été perpétré, on ne compte plus les assassinats
politiques, les détentions, les assassinats de journalistes et autres
atteintes à la liberté de la presse, les intimidations, les personnes
obligées à s'exiler. Les politiques de spoliation des paysans et d'indiens
ont repris de plus belle, ainsi que de saccage des matières premières du
pays, au profit d'entreprises transnationales ou d'investisseurs sans
scrupules.

A peine signé, l 'accord de Cartagena, qui a permis le retour du Honduras
au sein de l'OEA et le retour de Manuel Zelaya au Honduras, est déjà violé
par le gouvernement de fait.

Les auteurs du coup d'Etat, qui dirigent toujours le pays, ont bénéficié de
l'appui tacite des Etats-Unis et de l'Union européenne qui a décidé de
signer un accord de libre échange avec ce pays et le reste de l'Amérique
centrale, acceptant ainsi de traiter avec un gouvernement de fait, (comme
elle l'a fait dans le sud de la Méditerranée avec Ben Ali, entre autres).

Ce rassemblement a pour but d'appuyer le mouvement de résistance qui lutte
pour mettre fin au coup d'Etat et pour la démocratisation réelle du Honduras et
de réclamer de l'Union européenne et de la Belgique des politiques étrangères
respectueuses des droits de l'homme et de la démocratie, au lieu de celles qui
sont menées actuellement, qui donnent la priorité à de sombres
intérêts économiques.

mercredi 8 juin 2011

Inquiétude sur l’avenir des libertés publiques et des droits de l’homme après la réintégration du pays à l’OEA

uspendu de l’Organisation des États américains (OEA) depuis le coup d’État du 28 juin 2009, le Honduras y a repris sa place le 1er juin 2011 sur un vote quasi unanime des autres États, à l’exception de l’Équateur. L’Association mondiale des radios communautaires–Amérique latine et Caraïbes (Amarc-ALC) et Reporters sans frontières s’attendaient à cette décision, obtenue en contrepartie du retour au pays du président renversé Manuel “Mel” Zelaya, le 28 mai 2011. Nos deux organisations accueillent avec la plus grande vigilance, et même avec inquiétude, un processus qui suscite déjà de vives critiques au sein de la société hondurienne.

“L’unanimité des États n’est pas celle des citoyens. Encore moins celle des médias, journalistes et organisations de défense des droits de l’homme qu’Amarc-ALC et Reporters sans frontières soutiennent depuis deux ans. A plusieurs reprises, nos organisations ont exigé, à leur niveau, d’importantes contreparties au retour du Honduras dans le concert des nations américaines (http://fr.rsf.org/honduras-appel-d-amarc-alc-et-reporters-01-04-2011,39928.html) :

-la fin de l’impunité pour les crimes commis, notamment contre les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme ; pour les agressions, attentats, sabotages et fermetures de médias, ainsi que le rétablissement des fréquences suspendues ou reprises. Le Honduras compte onze journalistes et un propriétaire de média tués depuis 2010. Quatre autres journalistes et un patron de presse ont survécu à des attentats ciblés depuis le début de l’année 2011 (http://fr.rsf.org/honduras-nouvelles-agressions-contre-la-29-04-2011,40182.html). Autant de cas impunis.

-la réforme de fond d’une législation de radiodiffusion et de télécommunications devenue obsolète et qui ne ménage aucune place à des médias communautaires et sociaux comme l’exigent justement les standards juridiques interaméricains ;

-l’accès à l’information publique sur les responsabilités dans les exactions les plus graves constatées depuis le coup d’État.

Ces points majeurs auraient dû constituer, selon nous, les préalables à une réintégration. Il importe, désormais, qu’ils soient pris rapidement en considération. Conclu le 22 mai dernier entre Manuel Zelaya et le président en exercice Porfirio Lobo, avec l’appui des gouvernements colombien et vénézuélien, l’accord de Carthagène des Indes n’aura imposé qu’une seule des quatre clauses préalables à la réadmission du Honduras dans l’OEA : le retour d’exil de Manuel Zelaya. Or, normalisation politique n’est pas justice. Cette situation ne garantit en rien le rétablissement réel des libertés publiques, du pluralisme et de l’État de droit”, ont déclaré les organisations.

Mouvement de protestation

Plusieurs organisations sociales et communautaires honduriennes ont choisi de se rassembler à San Salvador, où se tient l’assemblée générale de l’OEA, pour protester contre la résolution prise par cette dernière lors d’une session extraordinaire à Washington le 1er juin. Parmi elles figure le Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH), dont deux radios affiliées, Guarajambala et La Voz Lenca, ont été réduites au silence en janvier dernier. Est également présente l’Association des habitants de la péninsule de Zacate Grande (ADEPZA) dont dépend la radio communautaire du même nom, persécutée depuis sa fondation par les propriétaires terriens de la région (http://fr.rsf.org/honduras-attentat-contre-le-directeur-de-la-16-03-2011,39802.html). Ismael Moreno, directeur de Radio Progreso (http://fr.rsf.org/honduras-radio-progreso-quand-l-armee-et-la-23-11-2009,35064.html) s’est, lui aussi, rendu dans la capitale salvadorienne pour y couvrir l’événement.

Les organisations présentes à San Salvador fustigent dans la réadmission du Honduras à l’OEA la “légitimation” du gouvernement issu du coup d’État. Elles rappellent, entre autres, l’impunité totale dont bénéficient les principaux artisans du putsch comme le général Romeo Vásquez Velásquez, nommé à la tête de la compagnie nationale de télécommunications Hondutel après sa retraite de l’armée, le 8 mars 2010.

“Au bout du compte, la signature des accords de Carthagène, le retour de Mel Zelaya, la réintégration dans l’OEA et le fait de ‘tourner la page’ ne signifient pas le retour à la paix et à la tranquillité sociale”, analyse Radio Progreso sur sa page Internet datée du 3 juin.

Les organisations honduriennes présentes à San Salvador entendent signifier qu’une normalisation sans justice est fort éloignée du processus de réconciliation que les pays membres de l’OEA prétendent impulser par le biais d’une réintégration du Honduras sans garanties suffisantes pour le respect des droits humains.

Benoît Hervieu
Despacho Américas / Americas desk
Reporters sans frontières

lundi 30 mai 2011

Manuel Zelaya, de retour en retour jusqu’au retour final

Par Maurice Lemoine, publié le 30 mai 2011

« Sí, se pudo ! » (« Oui, on a pu ! ») C’est par cette formidable ovation qu’une foule enthousiaste a, le samedi 28 mai, à Tegucigalpa, accueilli l’avion de la compagnie vénézuélienne Conviasa dans lequel, en provenance de Managua (Nicaragua), rentrait au pays « son » président, Manuel Zelaya, renversé par un coup d’Etat le 28 juin 2009.

Lors de ce retour rendu possible par l’accord signé avec le chef de l’Etat hondurien en exercice, Porfirio Lobo, grâce à la médiation des présidents colombien Juan Manuel Santos et vénézuélien Hugo Chávez, le 22 mai, à Cartagena de las Indias (Colombie), « Mel » comme on l’appelle affectueusement dans son pays, était accompagné par une délégation très représentative de l’importance que l’Amérique latine accorde à l’événement.

Etaient en effet présents à ses côtés : les ministres des affaires étrangères vénézuélien et bolivien Nicolás Maduro et David Choquehuanca ; le représentant de la présidence de la République Dominicaine (où Zelaya a vécu exil pendant seize mois) Miguel Mejía ; l’ancien président panaméen Martín Torrijos ; l’ex-sénatrice colombienne Piedad Córdoba ; des représentants des partis politiques de gauche récemment réunis à Managua, dans le cadre du Forum de São Paulo ; des membres des Parlements andin et centraméricain ; le prêtre catholique salvadorien Andrés Tamayo, expulsé par le gouvernement du putschiste Roberto Micheletti, pour sa proximité avec les secteurs populaires honduriens. La veille, étaient arrivés le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA) José Miguel Insulza et la ministre des affaires étrangères colombienne María Ángela Holguín.


Sur la place Isis Obed Murillo – rebaptisée du nom d’une jeune femme assassinée à cet endroit par l’armée, une semaine après le coup d’Etat –, face aux drapeaux rouges du Front national de résistance populaire (FNRP) et bleus de la République du Honduras, Zelaya a remercié ses sympathisants pour s’être « maintenus sur le pied de guerre » et avoir « travaillé sans repos pour son retour », avant de rendre hommage « à ceux qui sont tombés dans cette bataille, à ceux qui ont versé leur sang sur cette place », allusion directe à Isis Obed Murillo. « Ce sang n’a pas coulé en vain. » Deux années d’une lutte particulièrement difficile ont vraisemblablement, à cet instant, re-défilé dans plus d’un esprit enfiévré.

Ce matin du diman­­che 28 juin 2009, 15 000 urnes avaient été ins­­tal­­lées dans les parcs des principales agglomérations honduriennes. Après la col­lecte de presque 500 000 signa­tu­res, dans le cadre de la loi de participation citoyenne, la ques­tion qui devait être soumise aux électeurs était la sui­vante : « Etes-vous d’accord pour que, lors des élections générales de novembre 2009, soit installée une quatrième urne pour décider de la convocation d’une Assemblée nationale constituante destinée à élaborer une nouvelle Constitution politique ? » Déjà présent dans le pays, le direc­teur des opé­ra­tions élec­to­ra­les de l’Organisation des Etats américains (OEA), Raúl Alconada, avait déclaré : « Espé­rons que cette parti­ci­pa­tion se dérou­lera de manière paci­fi­que et que les grou­pes poli­ti­ques qui s’y sont oppo­sés sau­ront faire une lecture appro­priée de ce que signi­fie une participa­tion poli­ti­que citoyenne. » De puissants intérêts voyant d’un très mauvais œil ces prémisses d’une démocratie plus « participative », son souhait ne sera pas entendu.


Il est cinq heures du matin quand, obéissant aux ordres du général Romeo Vásquez, chef de l’état-major conjoint des forces armées, des militaires pénètrent dans la résidence du président Manuel Zelaya et le maîtrisent brutalement. Deux heures plus tard, après une escale de 45 minutes sur la base militaire américaine de Palmerola (située en territoire hondurien), un avion le déposera, en pyjama, sur une piste de l’aéroport international Juan Santamaría, à San José, au Costa Rica.

Avec l’accord de la quasi-totalité des députés, le président du Congrès, Roberto Micheletti, caudillo grotesque et anachronique aux allures de mafieux italien, membre comme Zelaya du Parti libéral (PL), prête serment pour le remplacer. Tandis qu’est instauré un couvre-feu et que la répression se déchaîne contre les milliers de partisans du chef de l’Etat légitime descendus dans la rue, la « communauté internationale » – OEA, Organisation des Nations unies (ONU), Union européenne, Système d’intégration centraméricain (SICA), Groupe de Rio, Alliance bolivarienne des peuples d’Amérique (ALBA), Union des nations sud-américaines (Unasur) – condamne le golpe [1].

Le 3 juillet, la Cour suprême de justice (CSJ) rejette la demande du secrétaire général de l’OEA, José Miguel Insulza, dépêché en hâte à Tegucigalpa pour obtenir le retour au pouvoir du chef de l’Etat renversé (et non « déchu » comme l’ont rabâché tant de médias !). Le traître Micheletti annonce que Zelaya sera jugé pour… trahison ! s’il rentre au Honduras. Peine perdue… Le 5 juillet, ayant pris place à bord d’un avion vénézuélien, le président légitime tente de se poser sur l’aéroport Toncontín de Tegucigalpa. La veille, dans un message transmis obligatoirement par toutes les chaînes de télévision, le cardinal Óscar Rodríguez a tenté de l’en dissuader : son retour risque de provoquer un bain de sang. Voilà pour le goupillon. Le sabre, lui, dès les premières heures de la matinée, occupe les abords de l’aéroport pour réprimer les manifestations et place des camions militaires en travers des deux pistes pour empêcher l’atterrissage du président. Qui doit renoncer. Provisoirement.


Les pressions exercées pour calmer ses ardeurs ne manquent pas. Le 7 juillet, alors que les Etats-Unis tentent d’obtenir l’accord du « président intérimaire » ( !) pour que Zelaya puisse terminer les six mois de gouvernement qui lui restent, « avec des pouvoirs limités et clairement définis » – c’est-à-dire avec les attributions d’une potiche –, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton lui recommande de faire tout son possible pour éviter une situation comme celle vécue le dimanche précédent, quand il a survolé le pays. Dix jours plus tard, le porte-parole du Département d’Etat, Robert Wood, revient à la charge : il exprime clairement l’opposition de Washington à une nouvelle tentative de retour, estimant qu’une telle initiative « mettrait en danger les efforts de médiation du président costaricien Oscar Arias ». En effet, consciente de l’influence déterminante des gouvernements progressistes siégeant au sein de l’OEA, Hillary Clinton a habilement manœuvré avec ses alliés pour ôter à cet organisme la gestion du cas hondurien et pour le déposer entre des mains amies.

Alors que les demandes de prudence de la « communauté internationale » – à l’exception des pays membres de l’ALBA – se multiplient, Zelaya surgit à Las Manos, à la frontière honduro-nicaraguayenne, le 24 juillet. L’armée hondurienne a décrété le couvre-feu dans quatre municipios frontaliers et interdit le passage aux centaines de manifestants venus l’appuyer. Si leur président entre brièvement sur le territoire national, il doit rebrousser chemin pour éviter d’être arrêté.

Le pouvoir croit avoir gagné la partie. Fin août, démarre la campagne électorale qui, le 29 novembre suivant, permettra de faire passer par profits et pertes la rupture de l’ordre constitutionnel. C’est compter sans l’opiniâtreté et le courage de Zelaya. Le 21 septembre, 86 jours après avoir été expulsé par la force des baïonnettes, celui qui représente la volonté du peuple rentre clandestinement à Tegucigalpa et trouve refuge à l’ambassade du Brésil. Quelque 4 000 de ses partisans qui passent la nuit devant la résidence sont très violemment délogés – deux morts et trente blessés – le lendemain à l’aube.

Pendant les semaines qui suivent, Zelaya et ceux qui l’accompagnent vont subir un véritable calvaire, entourés d’un fort dispositif militaire et policier, privés d’eau, de téléphone, d’électricité, inondés de gaz toxiques, soumis à une torture physique et psychologique par l’émission de sons de haute fréquence et, la nuit, par de puissantes illuminations de projecteurs. Avec l’appui clairement exprimé du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, qui met en garde Micheletti contre toute intervention dans l’ambassade, les insurgés tiennent bon.

En insufflant de l’énergie à ses partisans, la présence de Zelaya dans son pays oblige le médiateur Óscar Arias à s’activer pour sortir la négociation des manœuvres dilatoires dans lesquelles, à dessein, elle s’embourbait. Le 30 octobre, les représentants du gouvernement légitime et de la dictature s’entendent sur le rétablissement de Zelaya dans ses fonctions avant le 5 novembre, et sur la nomination d’un gouvernement d’unité et de réconciliation. Dans les faits, et tandis que le Congrès retarde le vote permettant le retour du chef d’Etat constitutionnel, Micheletti s’offre un cabinet qu’il dirige lui-même et en écarte tout représentant zelayiste, au mépris de ses engagements. Le 5 novembre, Zelaya met un terme à l’imposture : « A compter de cette date, et quoi qu’il arrive, je n’accepterai aucun accord de retour à la présidence de la République permettant de couvrir ce coup d’Etat. »


En phase avec son leader, le Front national de résistance contre le coup d’Etat (FNRG) annonce, le 9 novembre, que le délai fixé à San José pour le retour du président légitime étant dépassé, il ne reconnaîtra pas les élections générales qui doivent avoir lieu vingt jours plus tard. Multipliant les provocations, le Congrès annonce qu’il se réunira le 2 décembre – soit trois jours après le scrutin ! – pour décider d’un éventuel rétablissement de Zelaya dans ses fonctions. Au jour dit, laissant éclater au grand jour à quel point la négociation de San José a été une farce, les députés la rejettent (111 voix contre, 14 pour). Cela n’empêche pas les Etats-Unis de faire savoir qu’ils reconnaîtront la validité de la consultation à venir.

Le 27 janvier 2010, élu pour le compte du Parti national (PN), et au terme d’un scrutin organisé par un gouvernement illégitime, Porfirio Lobo accède à la présidence, comme si rien ne s’était passé. Dans son uniforme de gala, le général Vásquez défile à son côté. Faisant partie des trois seuls chefs d’Etat qui assistent à l’investiture [2], le président dominicain Leonel Fernández emmène Zelaya dans son avion du retour, en tant qu’ « hôte invité » de son pays. Nommé député à vie, Micheletti bénéficie d’une amnistie politique.

Tous les golpistas s’auto-absolvent, se récompensant les uns les autres et s’offrant des postes importants (le général Vásquez reçoit la direction de l’Entreprise hondurienne de télécommunications Hondutel). Autre acteur majeur du pronunciamento, le général Miguel Angel García Padgett est nommé attaché militaire à l’ambassade hondurienne à Mexico. Egalement complices du coup d’Etat et du régime de facto, les membres de la Cour suprême de justice (CSJ), du Ministère public (MP) et du Tribunal suprême électoral (TSE) sont maintenus à leurs postes, au sein d’un prétendu gouvernement d’unité et de réconciliation nationale.

En revanche, des mandats d’arrêt sont lancés contre Zelaya « pour avoir dépensé de manière illégale 57 millions de lempiras [2 millions d’euros] en frais de publicité » pour la consultation prétendument illicite du 28 juin. S’il rentre, il sera immédiatement arrêté. Cette situation ne semble guère troubler le prix Nobel de la paix Barack Obama : « Les Etats-Unis gèrent l’économie, l’armée, les relations internationales et les combustibles, s’emporte Zelaya, depuis Saint- Domingue. Je ne comprends pas pourquoi ils permettent qu’on élise un président ; il vaudrait mieux qu’ils nomment un gouverneur [3] ! »

Pourtant, la situation ainsi créée ne signifie pas une défaite définitive des forces démocratiques. Pendant tous ces mois, le mouvement populaire s’est renforcé et le FNRG – dont la revendication initiale était le retour inconditionnel du président – se transforme en Front national de résistance populaire (FNRP), avec comme coordinateur « Mel » Zelaya. Au premier objectif, qui demeure intangible, il en ajoute un second : la convocation d’une Assemblée nationale constituante (ANC) pour refonder l’Etat. La très dure répression déclenchée par le pouvoir fera (au minimum) une centaine de morts, mais, jamais, ne parviendra à affaiblir la détermination du mouvement.

Confronté à la montée en puissance de cette Résistance – qui, lors de son Assemblée des 26 et 27 février 2011, a annoncé l’auto-convocation d’une ANC -, exclu de l’OEA, non reconnu par l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, l’Equateur, le Nicaragua, le Paraguay et le Venezuela, en proie à une grave crise économique (car ne bénéficiant plus du pétrole bon marché de Caracas !), le gouvernement hondurien doit impérativement desserrer l’étau en « normalisant » la situation.


La demande la plus pressante (la seule, en réalité) de la « communauté internationale » est le retour de Zelaya. Mettant en fureur ses secteurs les plus droitiers, Lobo a commencé à préparer le terrain en promulguant le décret 005-2011 (14 février 2011) par lequel il autorise la procureure générale Ethel Deras Enamorado à « s’abstenir de présenter des recours légaux ou d’autres actions judiciaires dans les procès en matière pénale actuellement en cours contre le citoyen José Manuel Zelaya Rosales ». Ensuite, il exercera une pression non dissimulée sur la Cour suprême de justice pour qu’elle annule les « procès pour corruption » (inventés de toutes pièces !) intentés contre Zelaya – ce qui sera fait le 3 mai. La veille, José Miguel Insulza avait anticipé cette issue en rappelant que l’annulation des deux jugements « pourrait permettre le retour du Honduras au sein de l’OEA ».

Trois semaines auparavant, le 9 avril, et chacun poursuivant des objectifs à la fois communs et divergents, les présidents colombien (allié inconditionnel de Washington) et vénézuélien (chef de file de l’anti-impérialisme dans la région) avaient créé une forte surprise en faisant connaître leur rôle conjoint de médiateurs (approuvé par Zelaya), lors d’une rencontre au cours de laquelle les deux ennemis jurés Lobo et Chávez s’étaient serré la main.
C’est cette démarche, appuyée au Honduras par le FNRP et, entre autres, à l’extérieur, par la résolution finale du XVIIe Forum de São Paulo, qui, le 22 mai, a abouti à la signature entre Lobo et Zelaya de l’Accord dit de Cartagena : Accord pour la réconciliation nationale et la consolidation du système démocratique dans la République du Honduras. Puis, le 28, au retour de Zelaya.

L’une des principales revendications du Front est satisfaite : il retrouve avec enthousiasme le dirigeant qui fédère son hétérogénéité – et se définit désormais comme un « libéral pro-socialiste ». Il s’agit d’une incontestable victoire. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer les réactions de l’oligarchie traditionnelle et de l’ex-putschiste Micheletti, pas loin d’accuser Lobo de « trahison de la patrie ». Toutefois, la présence de « Mel » sur le territoire national n’est qu’un des quatre points sur lequel porte l’Accord de Cartagena : 1) le retour des exilés, dont l’ancien chef de l’Etat, avec garantie de leur sécurité ; 2) la reconnaissance du FNRP en tant que parti politique ; 3) la mise en place d’une Assemblée nationale constituante « participative et démocratique » ; 4) le démantèlement des structures golpistas et le châtiment des responsables.

Si les deux premiers points sont acquis, le président du Congrès, Juan Orlando Hernández, s’étant engagé à faire reconnaître le FNRP par décret [4], de forts doutes demeurent sur (point 3) les conditions dans lesquelles le pouvoir acceptera l’organisation de la Constituante et (point 4) sur une réorganisation « démocratique » des structures de l’Etat et la fin d’une répression qui se poursuit.


Dans ces conditions, on ne s’étonnera guère que les principaux dirigeants du Front (Berta Cáceres, Carlos Reyes, Juan Barahona, etc.), de très nombreuses organisations de base et militants, mais aussi le président équatorien Rafael Correa, estiment prématuré un retour du Honduras au sein de l’OEA (une Assemblée générale extraordinaire de cette dernière étant convoquée à Washington, le 1er juin, pour évoquer cette possibilité). La précipitation n’est pas de mise et rien n’empêche de tester la sincérité du gouvernement Lobo. Après tout, c’est bien la raison pour laquelle, à Cartagena, a été créée une Commission de vérification composée de la Colombie et, surtout, compte tenu de la confiance que les mouvements sociaux honduriens mettent en elle, de la République bolivarienne du Venezuela.

On trouvera un reportage sur la situation au Honduras – « Bras de fer entre pourvoir et Résistance au Honduras » – dans Le Monde diplomatique de juin.

dimanche 1 mai 2011

La résistance hondurienne approuve la médiation de Chavez

Vendredi 29 avril 2011

Le "Front National de Résistance Populaire du Honduras" (FNRP) a approuvé aujourd’'hui la médiation du président du Venezuela, Hugo Chávez, pour chercher une solution à la crise politique au Honduras.

La direction du FNRP a fait part lors d’une conférence de presse d’'un comuniqué dans lequel elle soutient les bons offices de Chávez, proposés lors de la rencontre avec le président de Colombie, Juan Manuel Santos, le 9 avril à Cartagena de Indias, pour que le Honduras retrouve l’'ordre constitutionnel.

“Nous manifestons notre pleine confiance au président de la République Bolivarienne du Venezuela, Hugo Rafael Chávez Frías, pour sa volonté de lutter en faveur de la démocratie” déclare ce communiqué.

Le FNRP a exprimé son appui aux quatre points proposés pour la médiation :

- le retour des exilés, parmi lesquels le président Manuel Zelaya, chassé par le coup d’état militaire 2009 et qui vit en république dominicaine ;
- la cessation des politiques répressives et le châtiment des responsables des violations des droits de l'’homme, ce qui implique le démontage des structures putschistes” ;
- le processus d’installation d'’une Assemblée Nationale Constituante
- la reconnaissance du FNRP comme organisation politique et force belligérante au Honduras.

Les dirigeants du FNRP ont remercié pour leur appui les présidents et les chanceliers des pays d'’Amérique Latine, "en particulier de l’'ALBA et de l’'UNASUR, qui mantiennent leur refus de reconnaître le régime de facto hondurien jusqu’à ce que soit initié un processus réel de retour à l’'ordre constitutionnel et qu'’il soit mis fin aux violations des droits de l’'homme”.

Source : Cubadebate, http://www.cubadebate.cu/noticias/2

lundi 4 avril 2011

Honduras: geen normalisatie, wel repressie

Onder de regering van huidig president Porfirio Lobo werden tien journalisten vermoord, ongeveer 50 holebi's werden het slachtoffers van gewelddaden, en meer dan 30 boeren verloren het leven. Vooral in de regio Bajo Aguan woedt een hevige strijd om land tegen grootgrondbezitter Miguel Facusse, een van de putschisten van juni 2009. Maar ook het sociale verzet neemt toe.

Sociale protesten

Sinds twee weken komen de onderwijsvakbonden massaal op straat tegen de privatiseringsplannen van de regering-Lobo en om hogere lonen te eisen en een einde aan de stijging van de brandstofprijzen.

De politie en de staatsveiligheid gebruiken steeds meer repressieve technieken om het sociaal protest te breken. Zo werden bijvoorbeeld de transportmiddelen van de onderwijsvakbond in beslag genomen, wat hun mobilisatiekracht verminderde.

Leraars werden op een willekeurige manier ontslagen. In ijltempo keurde de regering noodwetten goed die het recht op betogen en staken moeten inperken. Colleges en scholen in Tegucigalpa worden onophoudelijk bestookt met traangasbommen.

De onafhankelijke media worden in hun werk belemmerd. Kanaal 36 werd - net zoals tijdens de staatsgreep van Micheletti - opnieuw het mikpunt van aanvallen van de oproerpolitie. Verschillende journalisten moesten na afloop van hun verslaggeving over de lerarenstaking worden opgenomen in ziekenhuizen met verwondingen die ze opliepen door de repressieve aanpak door de politie.

Op 18 maart verloor Ilse Ivania Velásquez Rodríguez het leven. Zij werd geraakt door een traangasbom, viel flauw en werd overreden door een auto die uit het tumult trachtte weg te geraken. Ivania was de zuster van Manfredo Velásquez, één van de studentenleiders die in de jaren tachtig werd opgepakt en verdween. Zijn zaak werd aanhangig gemaakt door mensenrechtenorganisatie Cofadeh bij CIDH, de Inter-Amerikaanse Commissie voor Mensenrechten. De Hondurese overheid werd eind jaren negentig verantwoordelijk gesteld en veroordeeld voor zijn gedwongen verdwijning.

COFADEH in de bres voor mensenrechten

Bertha Oliva, coördinatrice van Cofadeh, werd vorige week in Washington uitgenodigd om voor CIDH te komen getuigen over de huidige mensenrechtensituatie in Honduras. Tijdens de hoorzitting zei Oliva dat politieagenten en militairen het werk van mensenrechtenverdedigers op alle mogelijke manieren belemmeren. Ze sprak ook over de constante bedreigingen die ze op verschillende manieren ontvangen.

Eén voorbeeld: de vroegere commissaris voor de Mensenrechten, Leo Valladares, moest noodgedwongen het land verlaten nadat hij en zijn familie maanden werden gevolgd en bespied door personen die rondreden in een geblindeerde wagen. De politie heeft nooit iets ondernomen.

Bertha Oliva besloot haar getuigenis met nogmaals aan te tonen dat de Hondurese bevolking zich ook nu nog in een absolute staat van gebrek aan bescherming bevindt. Straffeloosheid is het belangrijkste wapen van de staat. CIDH maakte zelf duidelijk niet opgezet te zijn met de zwakke verdediging van de Hondurese overheid tegenover deze gedocumenteerde klachten van de mensenrechtenbeweging. Ze wees op de vele contradicties die de overheid naar voren schuift.

Na terugkeer uit Washington verklaarde Bertha Oliva tijdens een persconferentie: "Una vez más quedó al descubierto la complicidad de las instituciones con los delitos que se han venido cometiendo a partir del golpe de Estado y el recrudecimiento de las violaciones a los derechos Humanos".

In de volgende maanden zal CIDH een uitspraak doen over de besproken thema's tijdens de hoorzitting. Een belangrijke zaak betreft het willekeurige ontslag van verschillende onafhankelijke rechters die hadden verklaard dat wat er in Honduras is gebeurd in juni 2009 wel degelijk een staatsgreep was.

Algemene vergadering van het volksverzet FNRP en de rol van de vakbonden

Vorming en mobilisatie blijven de belangrijkste doelstellingen van het verzet. Het volksverzet analyseerde tijdens haar algemene vergadering van 26 en 27 februari de voorwaarden om eventueel aan verkiezingen deel te nemen. Die blijken niet te zijn vervuld. Prioritair blijft de ontmanteling van de oligarchie en het samenbrengen van alle krachten die nodig zijn om een grondwetgevende vergadering (asamblea consitutyente) te organiseren.

Dit zijn de voorwaarden waaraan volgens het FNRP moet worden voldaan:
1. de veilige en onvoorwaardelijke terugkeer van de algemene coördinator van het FNRP, Manuel Zelaya, en honderden andere politieke bannelingen;
2. een hervorming van de kieswet;
3. een hervorming van het hooggerechtshof dat verantwoordelijk draagt bij de organisatie van de verkiezingen (Tribunal Suprema Electoral);
4. een nationale en internationale erkenning van het FNRP als politieke macht;
5. het FNRP wil haar meer dan 25.000 lokale structuren beter organiseren. Dat vraagt meer politieke training. Een operationeel politiek orgaan is nodig om een tegengewicht te vormen tegenover de perfect afgestemde machinerie van rechts.

Volgens een internationale waarnemer van de PSOL (Brazilië) kon de algemene vergadering van het FNRP van eind februari omschreven worden als de eerste in haar soort. In de geschiedenis van de sociale bewegingen heeft ze een belangrijke weerklank in heel Latijns-Amerika. Dit niet alleen vanwege haar representativiteit -meer dan 1.500 afgevaardigden vanuit 18 departementen namen er aan deel - of vanwege haar democratische interne besluitvorming, maar vooral vanwege de massale mobilisatie van haar leden.

Ook de Hondurese vakbonden gebruiken hun internationale contacten om de solidariteit levend te houden en uit te bouwen. Zo bezoekt Carlos H. Reyes, secretaris van Stibys, Genève. Hij werd uitgenodigd door de UITA (Wereldvakverbond voor de voedselindustrie) om een stand van zaken te geven.

Op 29 maart had hij contact met de Hoge Commissaris voor Mensenrechten van de VN. Bij de Internationale Arbeidsorganisatie (IAO) ging hij langs om er het laatste rapport voor te stellen over schendingen van arbeids- en mensenrechten in Honduras.

Poging om onderwijsverzet te breken

In een poging om het verzet van de onderwijsvakbond te breken, heeft de Hondurese regering een decreet uitgevaardigd dat bepaalt dat leerkrachten die op 28 maart niet komen opdagen om les te geven twee maanden loonverlies zullen leiden. Wie niet komt op woensdag 30 maart, de dag van de nationale burgerstaking van het FNRP, zal 6 maanden loonverlies lijden en wie geen lesgeeft op maandag 4 april verliest gewoonweg zijn job. De nationale burgerstaking van 30 maart was bedoeld als een voorloper voor de algemene staking.

Het Parlacen (Centraal-Amerikaans Parlement) zou deze week Porfirio Lobo huldigen voor zijn 'verzoenende rol' die hij speelde in Honduras. Vanwege de repressie tegenover het sociale protest is daar voorlopig van afgezien. Een volgende plenaire vergadering zal de motie echter opnieuw behandelen met als bedoeling de erkenning van het huidige regime in Honduras.

In de maand juni vindt ook de Algemene Vergadering van de Organisatie van Amerikaanse Staten plaats in San Salvador. Daar zal worden geprobeerd om Honduras weer te laten opnemen in de organisatie. Daartoe is al een lobbycampagne opgestart door rechts. Aan de linkerzijde blijft Unasur nog steeds gekant tegen een eventuele heropname van Honduras.

Het FNRP heeft een grote informatiecampagne opgezet om de mensen te informeren wat er allemaal op het spel staat, ook op internationaal vlak. Het FNRP zal Honduras vertegenwoordigen op het volgende Wereld Sociaal Forum in São Paolo. Ook de internationale vakbondssolidariteit kan wereldwijd het verschil maken door Hondurese basisorganisaties te blijven ondersteunen en ruchtbaarheid te geven aan de acties van de onderwijsvakbonden.

Ellen Verryt

Ellen Verryt is regionaal verantwoordelijke voor Latijns-Amerika bij de NGO Wereldsolidariteit.

mardi 29 mars 2011

Infos du Honduras - La repression continue - Appel à la solidarité

Nous lançons un appel à la solidarité avec la lutte du peuple hondurien qui vit actuellement, et depuis le coup d'état de juin 2009, une situation de violence systématique et institutionnalisée et d'une augmentation de violations des droits humains.

Depuis le jeudi 17 mars, plusieurs manifestations accompagnées par le Front national de résistance populaire -en solidarité avec le mouvement des enseignants et de la défense de l'éducation publique-, ont été réprimées par la police nationale et les forces armées avec un usage excessif de la force. Ce nouvel épisode de répression n'est que la continuité de la violence institutionnalisée d'un gouvernement qui n'a fait qu'assurer la continuité des violations des droits humains.

Les manifestations pacifiques -intégrées par des enseignants, des étudiants, des jeunes, des parents et des mères, ainsi que par les secteurs organisés-, ont été réprimées avec des quantités excessives de gaz lacrymogènes dans un évident mépris des procédures autorisées pour la dissolution de protestations. Les capsules de gaz sont utilisées comme des projectiles, jetées directement sur les manifestants et dans des espaces confinés. L'utilisation de canons à l'eau colorée est aussi constatée. Depuis le coup d'état, plusieurs personnes ont été des victimes fatales de cette tactique.

Le 24 mars, les organes de répression sont entrées à l'Université nationale autonome du Honduras, en violation flagrante du principe d'autonomie universitaire. Pendant environ six heures, la police s'est affrontée avec ses étudiants et étudiantes, armées de pierres, et a jetée plus de 100 capsules de gaz lacrymogène sur le site du campus universitaire, affectant de nombreux étudiants, employés et professeurs. Le lendemain, la répression a été encore plus violente, avec une «pluie» de gaz lacrymogène s'étalant sur l'espace de quelques pâtés de maisons. Plusieurs personnes se sont vues affectées par les gaz et les coups. La police à fait la chasse aux manifestants, et a capturé beaucoup d'entre eux.

Pour tout ceci, nous demandons à la communauté internationale de mener des actions de solidarité et exiger le cesse de la répression et le respect du droit d'association libre expression et protestation démocratique.