mardi 28 décembre 2010
Des organisations internationales exigent un moratoire immédiat des expulsions de paysans à El Aguan
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Plusieurs signataires de l’appel ont déjà insisté auprès du Département d’Etat ces derniers six mois, pour que soient arrêtés les responsables des assassinats d’au moins sept paysans du Aguan, en 2010, ainsi que ceux qui financent ces actes.
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Les organisations dénoncent qu’il n’est pas dans l’intérêt du gouvernement des Etats-Unis d’appuyer le gouvernement issu du coup d’Etat, gouvernement qui ne respecte pas les standards minimaux en termes de droits humains et qui permet ces injustices violentes contre des communautés entières de familles paysannes qui réclament la terre d’où elles sont déplacées avec violence et par la force.
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Les organisations exigent également le respect des organisations et mouvement sociaux qui sont en résistance massive et non-violente contre le coup d’Etat et le « régime de facto illégitime » et qui luttent pour une assemblée constitutive pour créer une Constitution inclusive, une nouvelle Constitution qui assure les droits humains du peuple traditionnellement exclu de la vie politique et économique au Honduras.
Parmi les organisations signataires, on peut citer : Témoins pour la Paix, l’Institut d’Etudes du Travail de l’Université du Missouri ; l’Institut d’Education Populaire du Sud Est de la Californie (IDEPSCA) ; le Comité de Paix et Justice Frères de la Sainte Croix ; l’Observatoire pour l’Ecole des Amériques : le Centre Nicaragua pour l’Action Communautaire de Berkeley ; la Coalition Manos Fuera de Honduras ; l’Association des Collèges et Universités Jésuites ; la Voz de los de Abajo, Chicago ; Nonviolence International ; Alliance pour la Justice Globale ; May I Speak Freely Media et tant d’autres.
lundi 13 décembre 2010
Appel de la Plateforme pour la Démocratie au Honduras
Le 28 juin 2009, le président constitutionnel du Honduras, Manuel Zelaya, a été séquestré par l'armée et expulsé de force vers le Costa-Rica. Ce coup d'Etat a bénéficié de l'appui tacite des États-Unis, omniprésents dans le pays depuis des décennies. Une oligarchie des plus réactionnaires a repris le pouvoir afin de stopper les réformes sociales et empêcher la convocation d'une assemblée constituante visant à démocratiser le pays.
Le gouvernement putschiste a ensuite organisé un simulacre d’élection le 29 novembre 2009, entériné par les Etats-Unis et l’Union Européenne.
L’appui tacite de l’UE s’est concrétisé par le fait qu’elle n’a pas appliqué contre cette dictature la clause démocratique et de droits de l’Homme prévue par les accords commerciaux (Système de Préférences Généralisées, SPG) et n’a pas renvoyé l’ambassadeur putschiste comme elle aurait pu le faire. Par la suite, elle s’est empressée de signer de nouveaux accords de libre-échange avec le gouvernement issu des élections organisées par la dictature.
Les mouvements sociaux qui appuyaient le gouvernement du Président Zelaya se sont constitués en front de résistance à la dictature dès le lendemain du coup d'État. Malgré le haut niveau de répression, les morts, les disparus, les blessés, la censure et la destruction des quelques médias indépendants, ils continuent à opposer une résistance sans précédent. Aujourd’hui on ne compte plus les assassinats de syndicalistes, de paysans, de journalistes ou d’homosexuels.
Malgré la situation, la résistance est parvenue à récolter près d’un million et demi de signatures pour convoquer une Constituante et continue de s’opposer activement aux politiques ultraconservatrices et de régression sociale du gouvernement de facto, ainsi qu’à la spoliation des terres et au pillage des ressources naturelles du pays par les multinationales notamment.
Pour la Plate-forme pour la démocratie au Honduras, il est essentiel de continuer à s'opposer à ce coup d'État et au gouvernement qui en est issu, à soutenir la démocratie et les libertés; non seulement au Honduras, mais sur tout le continent latino-américain et dans le reste du monde.
Pour nous, habitants de Belgique, il est inacceptable que l'Union européenne et la Belgique cautionnent un tel régime de fait, de telles façades démocratiques, et tolèrent de telles violations des droits humains et de l'État de droit. Il s'agit également de rejeter l’accord de libre-échange conclu avec ce régime qui s'oppose par les armes aux changements sociaux et aux aspirations démocratiques du peuple hondurien.
Nous réclamons
- L’expulsion par la Belgique de l'ambassadeur hondurien putschiste
- L’annulation de l'accord de libre-échange et de coopération négocié entre l’UE et le Honduras
Nous soutenons les principales revendications du Front National de Résistance Populaire. A savoir :
- Le rétablissement du gouvernement légitime renversé par le coup d’état
- L’organisation d’une Assemblée Constituante
Nous affirmons notre solidarité avec le peuple hondurien en lutte pour la démocratie, la liberté, la justice sociale, la souveraineté et contre l’impunité.
Vous pouvez devenir signataire de cet appel. Contactez-nous au 0486 50 79 96
mercredi 24 novembre 2010
Assemblée générale de la Plateforme: 27 novembre 2010
Lors de cette assemblée, nous ferons un exposé sur les derniers évènements au Honduras. Nous discuterons également les structures et les moyens d'action de la Plate-forme ainsi que l'adhésion des associations à celle-ci.
Les personnes ou associations intéressées sont priées de s'annoncer au 0486 50 79 96.
Nous espérons vous voir nombreux lors de cette Assemblée.
Pour la Plate-forme
Sebastian Franco
vendredi 12 novembre 2010
jeudi 14 octobre 2010
L’Union Européenne ne doit pas recevoir des putschistes !
Manifestation ce jeudi 14 octobre à midi au Rond point Schuman.
La Plate forme pour la Démocratie au Honduras dénonce la rencontre qui aura lieu entre Herman Van Rompuy, Président du Conseil de l’Europe et le Cardinal Rodriguez Maradiaga de Tegucigalpa (Honduras) aujourd'hui à Bruxelles.
Le cardinal Maradiaga a appuyé le coup d’Etat au Honduras, alors même que ce dernier était condamné à l’unanimité par l’Assemblée générale de Nations unies. Il est même considéré par le dernier gouvernement légitime du Honduras comme l’un des auteurs de ce putsch qui fut organisé par les pouvoirs économiques locaux, notamment les quelques familles qui monopolisent l’économie hondurienne et l’armée avec comme conséquence la reprise en main du pouvoir politique par l’oligarchie traditionnelle, aujourd’hui de plus en plus liée au capital international et appuyée par les forces de l’ordre.
La Conférence épiscopale, à l’initiative du Cardinal Maradiaga, a appuyé le coup d’Etat. Seul un évêque s’est opposé, prenant le parti des exclus de la société. Il s’agit donc de l´expression d’un pouvoir ecclésiastique, allié aux forces politiques conservatrices et d’exploitation économique. Alors que l’on aurait attendu de l’Eglise un témoignage de solidarité avec les pauvres, c’est tout le contraire qui s’est passé.
Dans ce sans nous appelons les institutions européennes a rejeter la présence de ce représentant du pouvoir ecclésiastique hondurien en Belgique.
La Plate forme pour la Démocratie au Honduras lance un appel à manifester ce jeudi 14 octobre à 12h Rond point Schuman, face au Conseil de l’Europe.
La plate forme pour la démocratie au Honduras est une coordination qui rassemble les organisations belges qui dénoncent le coup d’État au Honduras depuis juin 2009 et soutiennent la lutte du peuple hondurien pour la démocratie.
Contact:
Pablo Sanchez 0486 50 79 96
Lettre de François Houtart au Président du Conseil, Herman Van Rompuy
François Houtart
Au sujet de la visite à Bruxelles du Cardinal Maradiaga, par François Houtart
par François Houtart
(27 octobre 2009)
L’Institut catholique de Paris a décidé d’attribuer un doctorat honoris causa au Cardinal Rodriguez Maradiaga de Tegucigalpa au Honduras et à Monsieur Michel Camdessus, l’ancien directeur général du Fonds monétaire international.
Dans le premier cas, il s’agit de l’attribution de cette distinction à un homme d’Eglise qui a appuyé le coup d’Etat au Honduras, alors même que ce dernier était condamné à l’unanimité par l’Assemblée générale de Nations unies. Personnellement, j’ai pu assister à cette réunion et entendre les commentaires de l’ensemble des pays sur cette question. Par respect de la démocratie dans le monde, personne ne pouvait accepter un coup d’Etat accompagné par l’expulsion du président légal, à quelques mois seulement des élections.
Par ailleurs, cette action illégale, organisée par les pouvoirs économiques locaux, notamment les quelques familles qui monopolisent l’économie hondurienne, et par l’armée, signifiait nettement la reprise en main du pouvoir politique par l’oligarchie traditionnelle, aujourd’hui de plus en plus liée au capital international et appuyée par les forces de l’ordre. Il s’agissait de freiner la transformation sociale en cours et l’alliance du pays avec les autres nations ayant rejoint l’Alba, l’initiative d’intégration latino-américaine basée non sur la compétitivité, mais sur la complémentarité et la solidarité. Face à cela, les mouvements sociaux, représentant les victimes du système économique et les plus pauvres de la société hondurienne, se sont fédérés en une résistance organisée. Il s’agit de mouvements ouvriers, paysans, indigènes, des descendants d’Africains, des femmes. Ce mouvement d’opposition a
clairement indiqué quels étaient les enjeux : s’opposer à la perpétuation des privilèges et appuyer un projet, sans doute encore modeste et imparfait, de transformation sociale.
La Conférence épiscopale, à l’initiative du Cardinal Maradiaga, a appuyé le coup d’Etat. Seul un évêque s’est opposé, prenant le parti des exclus de la société. Il s’agit donc de l´expression d’un pouvoir ecclésiastique, allié aux forces politiques conservatrices et d’exploitation économique. Alors que l’on aurait attendu de l’Eglise un témoignage de solidarité avec les pauvres, c’est tout le contraire qui s’est passé. Faut-il voir dans le chef de l’Institut catholique de Paris un alignement sur le même type de pensée ou un manque d’information, difficilement acceptable pour une institution académique ?
La deuxième personne mise à l’honneur est Michel Camdessus, l’ancien directeur-général du Fonds monétaire international. En pleine crise économique, dont un facteur fut l’orientation économique donnée par les institutions de "Bretton Woods" sur le plan mondial, c’est à l’un des principaux artisans de cette politique que l’Institut catholique donne un doctorat honoris causa. Quand on connaît les ravages sociaux produits par les politiques du FMI, les conséquences dramatiques de la crise financière et monétaire sur le plan de l’emploi, et l’écroulement économique, notamment de certaines sociétés du Sud, on ne peut que remettre en question les modèles d’analyse utilisés et les décisions prises. S’il existait une cour pénale internationale pour les crimes économiques, M. Camdessus se trouverait sur le banc des accusés pour crime contre l’humanité. Au lieu de cela, il représente aujourd´hui la Commission
pontificale Justice et Paix dans des instances internationales, il préside les Semaines sociales de France et recevra un doctorat honoris causa de l’Institut catholique de Paris.
De telles contradictions ne peuvent s’expliquer que par une lecture de la situation du monde, avec les yeux des puissants, ceux dont la logique a produit les catastrophes sociales et non pas avec les yeux des victimes, comme la fidélité aux enseignements et à la pratique de Jésus-Christ l’aurait exigé.
Voilà pourquoi il s’agit en l’occurrence d’un contre-témoignage parfait.
François Houtart
